L'apprentissage en entreprise, le cas français

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Table des matières

Introduction

En 2016, le constat était bien connu. L’apprentissage était moins développé en France que dans les pays voisins comme le Danemark, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne. L’apprentissage restait concentré autour d’un nombre limité de secteurs de l’économie française, plutôt dans l’artisanat : construction, hôtellerie, restauration, coiffure.

Le faible dynamisme de l’apprentissage dans notre pays pouvait être expliqué par des résistances, des freins psychologiques, réglementaires ou d’ordre financier.
Pourtant, à court et à moyen terme, l’apprentissage améliore l’insertion professionnelle de ceux qui suivent ce modèle par rapport à la voie scolaire. Cette différence s’explique par le fait qu’un apprenti doit démontrer des aptitudes professionnelles pour répondre aux attentes de l’entreprise qui investit dans sa formation.

Le 8 octobre 2017 paraissait un sondage proposé à la population française sur l’apprentissage. Si les chiffres concernant l’insertion professionnelle étaient flatteurs : 81 % des Français pensaient que l’apprentissage est une bonne voie pour s’insérer professionnellement, les chiffres liés à l’image le sont moins. L’évocation de l’apprentissage renvoie à des métiers manuels pour une partie de la population, alors que ce type de formation est aussi présente dans les universités et les établissements de type grandes écoles. Pour 56 % des Français, l’image de l’apprentissage souffrait d’une mauvaise réputation. Paradoxalement, dans un contexte de chômage élevé chez les jeunes : 21,8 % des 15-24 ans début 2017, l’apprentissage et son développement apparaîtrait comme une mesure efficace pour lutter contre le chômage, selon 84 % des Français. 53 % des 15-24 ans seraient prêts à suivre une formation en apprentissage.

Quels changements ont été introduits depuis la réforme de septembre 2018 ?

La réforme de l’apprentissage dans le courant de l’année 2018 a été introduite en même temps que d’autres réformes telles que l’assurance chômage ou la formation professionnelle. Elle est encadrée par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel qui comporte une dizaine de mesures à destination des apprentis.

1°) L’âge

Dorénavant, avec l’entrée en vigueur de cette loi, l’apprentissage est accessible jusqu’à l’âge de 30 ans, contre 25 ans et 30 ans suivant la région de l’exercice du métier. À savoir qu’il n’y a pas de limite d’âge si l’apprenti est un travailleur handicapé, sportif de haut niveau ou s’il souhaite reprendre une entreprise sous condition d’obtention de diplôme.

2°) Une hausse de la rémunération

Les rémunérations des apprentis ont été revalorisées et correspondent à des tranches qui varient entre 27 % du SMIC pour les apprentis de 16-17 ans en première année à un minimum du SMIC pour les apprentis de 26 ans et plus. Cette rémunération bénéficie d’un avantage fiscal important avec une exonération de certaines cotisations ainsi que de l’impôt sur le revenu hors SMIC.

3°) Réforme de l’apprentissage et rupture du contrat

La réforme simplifie les modalités de rupture unilatérale pour l’employeur qui n’est plus obligé de passer par les Prud’hommes. L’apprenti doit passer par un médiateur s’il veut mettre fin à son contrat de manière unilatérale.

4°) L’aide au permis de conduire

Si l’apprenti a au minimum 18 ans, il peut bénéficier de 500 euros d’aide au permis de conduire et ce, quel que soit le diplôme que l’apprenti prépare. L’aide doit être demandée au centre de formation des apprentis (CFA) qui indique ensuite les démarches à accomplir.

5°) L’accès au programme ERASMUS +

Avant la loi de septembre 2018, il était extrêmement compliqué de partir à l’étranger en tant qu’apprenti dans le cadre du programme ERASMUS +. La loi inscrit désormais que le contrat d’apprentissage peut se dérouler en partie à l’étranger durant au maximum un an, si une période de six mois en France a été respectée. Pendant la période à l’étranger, c’est l’entreprise ou le centre de formation des apprentis (CFA) qui est responsable des conditions d’exécution du travail. L’apprenti est soumis aux règles en vigueur dans le pays d’accueil en ce qui concerne la santé, la sécurité, la rémunération, la durée du travail, le repos et les jours fériés éventuels. Une convention peut être toutefois conclue entre les différentes parties : de l’apprenti à l’employeur en France et à l’étranger et les CFA en France ainsi que le CFA à l’étranger.

6°) Rôle des CFA

L’entrée en vigueur de la loi entend favoriser la création de campus de métiers et de qualifications. Il s’agit d’identifier, sur des territoires donnés, des réseaux d’acteurs qui interviennent en partenariat pour développer des compétences centrées sur des filières spécifiques selon des enjeux économiques, régionaux ou nationaux. Ces centres, il en existe une centaine en octobre 2020. La loi crée aussi le label “ excellence” qui correspond à un niveau d’exigence plus élevé pour certains centres. Il y a aussi les “prépas apprentissage” qui sont localisées dans 1000 sites en France métropolitaine et ultramarine et qui permettent aux jeunes insuffisamment préparés de réussir leur entrée en apprentissage et réduire le taux de décrochage.

De nouvelles missions au CFA sont désignées avec la loi : accompagner les personnes en situation de handicap, accompagner les apprentis en situation de rupture de leur contrat de travail vers un nouvel employeur, encourager la mobilité nationale et internationale des apprentis avec un référent mobilité.

La création d’un CFA est maintenant simplifiée, il n’est plus obligatoire d’avoir l’approbation de la région. L’objectif est de simplifier l’évolution pédagogique.

7°) Mesures spéciales liées au Coronavirus

Le plan de relance, chiffré à 6,5 milliards d’euros à destination des jeunes, vise à faire face à la crise économique engendrée par la COVID-19.

Plusieurs mesures concernent l’apprentissage :

  • Une aide financière de 5000 euros pour un apprenti mineur, 8000 euros s’il s’agit d’un apprenti majeur. Cette aide s’effectuera sous condition selon la taille de l’entreprise.
  • La possibilité pour les CFA de financer l’achat de matériels informatiques dans le cadre de l’aide au premier équipement.
  • Diverses autres mesures telles qu’une prolongation de contrat, offre garantie à chaque jeune qui a fait un vœu sur Parcoursup ou Affelnet pour aller en apprentissage.

 

Ces nouvelles mesures d’avant et après la pandémie ont permis de donner un véritable coup de boost à ce modèle de formation tant autrefois décrié. Pour l’année 2021, les chiffres de l’apprentissage signent un nouveau record avec 718000 contrats signés dans les secteurs privé et public. Les chiffres sont largement dopés par le secteur industriel, avec l’énergie, la chimie, la métallurgie, où le taux d’insertion des jeunes est le plus élevé : 69 % sont en emploi à l’issue de leur période d’apprentissage.

C’est dans le secteur privé qu’ont été signés la plupart des contrats : 698 000 (+37 %) tandis que la progression est plus faible dans le secteur public, 20 000 contrats (+3 %).

Les régions qui ont le plus profité de ces contrats d’apprentissage sont l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie qui ont signé le plus de contrats.

À noter que les entrées en apprentissage se sont faites majoritairement dans des entreprises de moins de 50 salariés, 66 % des contrats d’apprentissage signés en 2021. 15% l’ont été dans des entreprises de 1000 salariés et plus.

Pourquoi prendre un jeune en apprentissage ?

Voyons ensemble qui peut devenir apprenti. Pour bénéficier de ce statut, il faut être âgé de 16 à 29 ans au début du contrat d’apprentissage et être reconnu apte médicalement pour l’exercice du métier visé.

Dans certains cas particuliers abordés précédemment, il est possible de commencer un contrat d’apprentissage plus tard, après la tranche d’âge indiquée.

 

Suivre une formation en apprentissage comporte de nombreux avantages que reconnaissent volontiers apprentis, recruteurs et entreprises. Quelques interrogations peuvent persister, comme ce qui est lié au coût, au juridique ou encore le profil de l’apprenti recherché. Voyons ensemble les bonnes raisons de recruter un apprenti.

1°) Le statut n’est pas contraignant

Les apprentis ne sont pas pris en compte dans les effectifs de la société. Pourtant, un apprenti a bien le statut de salarié dans l’entreprise, ce qui lui permet de cotiser pour sa retraite et d’obtenir une rémunération parfois égale au SMIC, voire plus. Si vous souhaitez recruter un apprenti, vous pouvez faire vos démarches sur le site du gouvernement.

2°) Aider un étudiant dans le financement de sa formation

Une entreprise qui choisit de faire confiance à un jeune apprenti permet de lui affranchir ses coûts de formation. C’est la structure d’accueil de l’étudiant qui la finance. Si vous choisissez de former des apprentis, vous participez à l’ouverture sociale en lui finançant une formation jusque dans le supérieur. Vous l’épaulez dans son acquisition de compétences, de savoir-faire et de savoir-être.

3°) Former la relève

Lorsque vous prenez un apprenti pour votre entreprise, vous faites un pari pour l’avenir ! Tant de secteurs étaient en perte de vitesse et ont su revigorer leurs rangs grâce à l’embauche d’apprentis.
En formant un jeune à votre métier, vous lui donnez certaines compétences bien utiles et vous anticipez vos besoins en recrutement futurs. Vous vous donnez aussi l’opportunité de rafraîchir vos compétences grâce à des techniques plus récentes qu’apportera l’apprenti à l’entreprise. Vous gagnez un intérêt supplémentaire à votre travail et vous vous sentez plus valorisé.

4°) Transmission de compétences

Chaque apprenti a un maître de stage responsable de sa mission. Son rôle premier est d’acquérir, de former et de transmettre des compétences pour acquérir les qualifications requises à l’exercice du métier auquel l’apprenti aspire. C’est une responsabilité pour le maître de stage qui doit savoir faire preuve de compétences managériales, de responsabilisation et de motivation.

5°) Le lien privilégié avec la formation

Beaucoup de maîtres de stage n’ont pas mis de pied dans le monde de la formation depuis bien longtemps. S’entourer d’un alternant, c’est sceller une collaboration très riche, multipartites entre l’apprenti, le CFA et le maître de stage.

6°) La formation sur le long terme

Il est possible de recruter un apprenti sur plusieurs années, contrairement à un stage qui ne peut pas être supérieur à 6 mois, former un apprenti pour une PME peut devenir un moyen de l’embaucher en CDI si la période d’apprentissage a été concluante. L’entreprise embauche une personne qui connaît bien l’entreprise et qui aura été formée au sein de la “maison”.

7°) Le temps passé en entreprise est supérieur au temps passé en formation

C’est un des avantages de l’apprentissage, lorsque l’apprenti n’est pas “ à l’école”, il travaille pour les projets de l’entreprise. Il peut s’agir d’une alternance en jours : 1 à 2 jours à l’école, le reste en entreprise, en semaine ou même en mois pour certains cas. L’entreprise a à la fois un employé sur qui compter et un étudiant qui se forme.

8°) Un regard neuf sur l’entreprise

Avoir un apprenti vous apportera un regard neuf sur vos façons de travailler et vos processus internes. Si des choses paraissent évidentes aux yeux des employés qui sont déjà dans l’entreprise depuis un certain temps, ce sera moins le cas pour un apprenti. Accueillir un nouveau regard pourra être intéressant dans les rapports avec les clients par exemple, ou entre collaborateurs.

9°) L’apprentissage s’adresse à tous secteurs

On pense souvent à des métiers manuels lorsqu’il s’agit d’apprentissage, les métiers de l’artisanat, de la maintenance et du bâtiment sont en effet friands d’apprentis. Il faut savoir, et nous l’avons vu précédemment, que d’autres secteurs recrutent beaucoup d’apprentis : le tertiaire avec la banque, le conseil, l’assurance, l’audit, mais aussi l’énergie, la santé, la logistique. Aujourd’hui, l’apprentissage concerne toutes les entreprises de tous secteurs d’activité.

10°) Maillage territorial fort

L’apprentissage est disponible en France métropolitaine et dans les territoires ultramarins, l’occasion pour chaque entreprise de recruter un apprenti partout en France. La mobilité géographique encouragée par la loi de septembre 2018 offre la possibilité aux étudiants de poursuivre leur formation au sein de territoires très différents. Il en résultera des expériences toujours plus enrichissantes !

Conclusion

Chez Partners Performance, nous avons fait le choix de l’apprentissage. Deux apprentis en marketing et business développement sont à nos côtés jusqu’en août 2022.

Tout peut être considéré comme un projet, et peu importe le projet, il peut être mené à bien avec une bonne organisation, un bon emploi du temps etc… 

Vous aussi, mettez l’intelligence collective au cœur de votre entreprise, un outil que vous pourrez exploiter au maximum et qui vous apportera efficacité et performance !

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Nous vous invitons à consulter nos domaines d’expertise ou à nous contacter directement pour discuter de votre projet. 

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